MES PEREGRINATIONS PEDAGOGIQUES


Poésie et voyage : faire découvrir aux élèves que l’ailleurs commence parfois dans les mots

Comment construire un premier projet d’apprentissage qui mène progressivement les élèves du voyage réel à l’imaginaire, puis à l’exploration de leurs propres « continents intérieurs » ?

Pour ouvrir l’année de 5e, j’ai choisi un thème volontairement accueillant : la poésie et le voyage.

Le voyage permet d’entrer dans les textes par des images immédiatement évocatrices — les routes, les paysages, les départs, l’ailleurs — tout en conduisant progressivement les élèves vers une conception plus large de la poésie.

La problématique du projet est donc la suivante :

Comment et jusqu’où la poésie peut-elle nous faire voyager ?

Mon objectif est de montrer que la poésie ne se contente pas de décrire des pays lointains. Elle peut transformer un paysage réel, inventer des mondes, réveiller un souvenir, nous conduire au cœur de nous-mêmes et faire du langage un territoire à explorer.

Partir du voyage pour dépasser progressivement la géographie

Le parcours commence par la représentation la plus évidente du voyage : le déplacement vers un ailleurs.

Les premiers textes permettent d’observer comment les poètes portent un regard particulier sur les paysages qu’ils traversent. Mais très vite, le réel devient un point de départ pour le rêve.

Dans « En passant en chemin de fer » (vous trouverez le texte dans le manuel Le Livre scolaire 2026, à la page 98), Louisa Siefert aperçoit depuis le train de simples « petits chemins ». Les questions qu’elle leur adresse et le mystère qu’elle leur prête transforment ce paysage fugitif en promesse d’aventure. Le chemin réel ouvre déjà un espace imaginaire.

Avec « Le Pays des Rêves » d’Armand Silvestre (Le Livre scolaire, p 98), une nouvelle étape est franchie : le lecteur quitte entièrement le monde réel pour embarquer sur un vaisseau capable de naviguer dans le ciel jusqu’au « verger d’or des étoiles ». La poésie mélange les éléments, abolit les frontières et invente des lieux qui ne peuvent exister que dans les mots.

Les élèves comprennent ainsi que le poète ne se contente pas de reproduire ce qu’il voit : il transforme le monde grâce à son imagination.

Voyager dans ses souvenirs et ses « continents intérieurs »

Je souhaite ensuite déplacer le regard.

Après les horizons réels et imaginaires, le voyage devient plus intime. Il peut nous reconduire vers un souvenir, une émotion ou une étape de notre propre existence.

Dans « L’Odeur de mon pays » (Le Livre scolaire p 102), Lucie Delarue-Mardrus retrouve la Normandie de son enfance en mordant dans une pomme. L’odeur, le goût, les couleurs et les sons abolissent la distance : un objet très simple devient le point de départ d’un voyage dans le temps.

Avec Andrée Chedid , le voyage prend une dimension plus existentielle. Dans La Vie voyage (Le Livre scolaire p 120), les mots de la navigation servent à évoquer le parcours intérieur de chaque être humain. Le « vaisseau » n’est plus seulement celui qui traverse les mers : il devient aussi celui qui circule dans le corps et accompagne l’individu « d’âge en âge ».

Nous passons ainsi progressivement de l’exploration du monde à celle de nos propres « continents intérieurs ». La poésie aide à mieux comprendre ce que nous ressentons, ce que nous avons vécu et la manière dont nous évoluons.

Faire du langage un territoire à explorer

La dernière partie du parcours repose sur un nouveau déplacement : après avoir étudié les lieux vers lesquels la poésie peut nous transporter, nous observons comment elle produit ce voyage.

Les élèves découvrent d’abord que la poésie est faite pour être entendue autant que pour être comprise. Les rythmes, les rimes, les assonances et les allitérations donnent aux mots une musicalité capable de recréer le mouvement des vagues, le bercement de la marche ou l’élan du départ.

Chez Baudelaire, « la musique » prend le poète « comme une mer ». Le rythme devient lui-même une forme de voyage.

Avec Rimbaud, le langage se libère davantage encore. Dans « Sensation » ou « Ma Bohème », l’errance géographique accompagne la liberté créatrice. Dans Le Bateau ivre, le voyage devient une plongée dans un univers d’images impossibles, tandis que le sonnet « Voyelles » transforme les lettres en couleurs.

Les mots ne servent donc plus uniquement à nommer le réel. Ils permettent de le réinventer et d’ouvrir des horizons qui n’existent sur aucune carte.

Un projet final sous la forme d’un tour du monde poétique

Le projet d’écriture final prendra la forme d’un tour du monde poétique réalisé à la manière d’un junk journal. Avec ma collègue prof doc', nous projetons de mettre en place un atelier créatif éphémère pour lancer l'activité. Je vous tiendrai au courant de l'avancée du projet et des mise en route concrète des séances à la rentrée.

Les élèves pourront associer plusieurs formes d’expression :

  • des haïkus ;
  • des calligrammes ;
  • de courts textes poétiques ;
  • des dessins ;
  • des cartes, tickets, fragments de papier et collages.

Le carnet permettra de réunir les différents sens du voyage étudiés pendant la période. Certaines pages pourront évoquer un lieu réel ; d’autres, un pays rêvé, un souvenir ou une émotion. La mise en page elle-même participera au voyage en donnant une forme visuelle aux mots.

Ce projet correspond à l’idée centrale du parcours : la poésie ne décrit pas seulement un ailleurs, elle le crée.

Terminer par un voyage orthographique

Pour le bilan de langue, je souhaitais conserver la cohérence narrative et visuelle du projet. J'utiliserai le bilan ludique du cahier d'exercices proposé par Le Livre scolaire, que je donnerai à acheter aux élèves dès la rentrée. 

Mes élèves de 5e participeront donc à un « voyage orthographique » construit autour de fragments du journal de Matsuo Bashō. Projetés dans un Japon imaginaire, ils devront retrouver les morceaux dispersés d’un texte en franchissant plusieurs étapes :

  • le pont des homophones ;
  • le sentier des accords perdus ;
  • la vallée des terminaisons ;
  • la forêt des participes passés ;
  • le temple des mots perdus.

Chaque étape correspond à une notion travaillée : les homophones grammaticaux, les accords dans le groupe nominal, les terminaisons verbales, la formation du participe passé ou encore les consonnes finales muettes.

Le décor ludique ne remplace pas l’apprentissage. Il donne une unité au bilan et inscrit les exercices dans une quête progressive. Les élèves révisent l’orthographe tout en poursuivant symboliquement le voyage commencé avec les poèmes.

Du monde extérieur au monde intérieur

Ce premier projet suit donc un mouvement volontairement progressif.

Les élèves commencent par voyager vers des paysages réels. Ils découvrent ensuite les territoires créés par l’imagination, puis explorent les souvenirs et les émotions. Enfin, ils comprennent que le langage poétique constitue lui-même un espace d’aventure.

Le voyage devient ainsi géographique, imaginaire, intime, linguistique et créatif.

Au terme du parcours, la question initiale prend tout son sens : la poésie peut nous conduire très loin, mais elle peut aussi nous ramener vers ce que nous portons en nous.

Voyager par la poésie, c’est découvrir le monde tout en apprenant à le regarder (et à se regarder) autrement.

Bel été à tous.tes ! 

Julia

Bilan ludique (cahier d'exercices 5e, Le Livre scolaire, nouveaux programmes 2026)

IL fallait que ça sorte ! 

Petite mise au point au sujet des visuels de mes projets d'apprentissages (à la suite d'adresses directes ou indirectes souvent malveillantes à l'égard de certains collègues et/ou de moi-même) : les visuels ont été générés, selon mes instructions, par ChatGPT puis fignolés sur Canva, mais le contenu, naturellement, (dingue d'avoir à le préciser) a été pensé par moi (une humaine, donc, jusqu'à preuve du contraire). J'y ai travaillé pendant une bonne partie du mois de juin et la première quinzaine de juillet. Depuis que je suis à 80% au collège, je suis chargée de rédiger les cours en ligne de Shoolmouv niveau collège, et depuis peu, également ceux qui concernent certaines oeuvres du programme de 1ère.  J'ai effectué l'audit complet du nouveau programme de 5e au mois d'avril en collaboration avec la responsable éditoriale. Je m'appuie donc sur mes propres cours que j'ai pensés et rédigés (12 en tout, qui couvrent la totalité du programme de 5e 2026). Je reparlerai d'ailleurs de cette question de l'IA dans un prochain article car je crois qu'il est vraiment temps pour certain.es de cesser continuellement d'opposer deux camps, les "vrais" profs (les "humains") et les "faux" (on ne sait pas trop ce que ça veut dire d'ailleurs: qu'insinue-t-on? ). C'est FATIGANT . Interrogeons-nous plutôt véritablement, avec intelligence et sans querelles d'ego, sur notre utilisation de cet outil qui, de toute façon, devient- ou deviendra- quasi incontournable dans le monde de l'enseignement.

De Shéhérazade à Culottées : quand la parole désarme la violence

Comment articuler l’étude des Mille et Une Nuits avec une figure féminine contemporaine, préparer le projet suivant sur l’héroïsme et terminer le parcours par un bilan de langue ludique ?

Pour mon deuxième projet d’apprentissage, intitulé « Plaire et instruire », j’ai choisi de placer les élèves face à une question qui dépasse largement l’étude du conte merveilleux :

Comment l’imagination et la parole permettent-elles de divertir, de déjouer la violence et de faire réfléchir dans les contes des Mille et Une Nuits ?

Le parcours s’appuie sur plusieurs récits du recueil, notamment « Le Pêcheur et le génie », les aventures de Sindbad et « Ali Baba et les quarante voleurs ». Mais son véritable fil directeur demeure la figure de Shéhérazade.

Elle raconte des histoires pour captiver le sultan, bien sûr. Mais elle raconte surtout pour survivre, interrompre le cycle de la violence et transformer progressivement celui qui l’écoute. La parole n’est donc jamais réduite à un simple divertissement : elle devient une ruse, une arme symbolique et une manière d’agir sur le monde.

À la fin du projet, je prolongerai cette réflexion par la lecture offerte d’un portrait extrait de Culottées de Pénélope Bagieu. Ce rapprochement me permettra de déplacer la question vers notre époque, mais aussi de préparer discrètement le projet suivant, consacré à l’évolution de la figure héroïque.

Shéhérazade : raconter pour suspendre la violence

Avant d’étudier les différents contes, les élèves découvrent le récit-cadre des Mille et Une Nuits.

Le sultan Shahryar, trahi par son épouse, décide de se venger de toutes les femmes. Chaque jour, il épouse une jeune fille qu’il fait exécuter le lendemain. Shéhérazade accepte pourtant de l’épouser afin de mettre un terme à cette barbarie.

Elle ne possède ni force physique, ni armée, ni pouvoir politique. Elle ne peut pas affronter directement le sultan. Elle choisit donc d’utiliser les seules armes dont elle dispose : son intelligence, son imagination et son art de raconter.

Vous connaissez l'histoire ;) Chaque nuit, elle commence une histoire qu’elle interrompt au lever du jour. Happé par son récit, Shahryar repousse son exécution pour en connaître la suite. Le récit lui permet ainsi de gagner du temps, mais aussi d’ouvrir un espace d’écoute là où il n’y avait plus que violence. Les histoires qu’elle raconte évoquent la justice, la cruauté, la sagesse ou les abus de pouvoir : tout en divertissant le sultan, elles l’amènent progressivement à réfléchir et à se transformer.

Shéhérazade devient ainsi une héroïne singulière. Elle n’accomplit aucun exploit guerrier. Son pouvoir réside dans la maîtrise des mots.

Cette première étape permet de faire comprendre aux élèves qu’une parole peut avoir plusieurs fonctions simultanées :

  • captiver celui qui écoute ;
  • retarder ou empêcher une action violente ;
  • transmettre indirectement une leçon ;
  • modifier peu à peu le regard d’un individu.

« Le Pêcheur et le génie » : triompher sans être le plus fort

L’étude du « Pêcheur et du génie » donne ensuite aux élèves une autre illustration de cette puissance de la parole.

Un vieux pêcheur libère involontairement un génie enfermé dans un vase. L’être surnaturel est immense, violent et déterminé à le tuer. Le rapport de force paraît totalement déséquilibré.

Pourtant, le pêcheur comprend qu’il ne doit pas tenter de combattre le génie sur son propre terrain. Il feint de ne pas croire qu’un être aussi gigantesque ait pu entrer dans un si petit récipient. Piqué dans son orgueil, le génie se transforme en fumée et retourne dans le vase pour le lui prouver. Le pêcheur peut alors refermer le couvercle.

Le plus faible triomphe donc du plus puissant non par la violence, mais par l’intelligence, la ruse et la maîtrise du dialogue. Le conte reflète directement la situation de Shéhérazade : comme elle, le pêcheur est menacé par un adversaire qui semble tout-puissant ; comme elle, il utilise les mots pour gagner du temps et retourner la situation.

Les élèves découvrent ainsi que le récit peut lui-même mettre en scène la leçon portée par le récit-cadre :

La parole ne supprime pas toujours la violence, mais elle peut la suspendre, la détourner et empêcher qu’elle ait le dernier mot.

Prolonger avec Culottées : de la conteuse à l’artiste engagée

Pour prolonger cette réflexion, je proposerai ensuite la lecture offerte des planches de Culottées  (Pénélope Bagieu) consacrées à Sonita Alizadeh.

Le changement d’époque, de genre et de support est volontaire.

Nous quittons le conte oriental et son univers merveilleux pour découvrir le portrait en bande dessinée d’une jeune femme qui utilise elle aussi une parole artistique pour résister à une violence qui la menace.

La question posée aux élèves sera la suivante :

Comment la parole artistique peut-elle captiver un public, résister à la violence et faire évoluer les consciences ?

Ce rapprochement ne vise évidemment pas à confondre les situations de Shéhérazade et de Sonita Alizadeh. Il permet plutôt de faire apparaître une structure commune.

Toutes deux sont confrontées à un pouvoir qui limite fortement leur liberté. Toutes deux choisissent de prendre la parole. Toutes deux transforment une expression artistique — le récit pour l’une, une parole musicale et engagée pour l’autre — en moyen de résistance.

Leur parole agit d’abord parce qu’elle attire l’attention. Elle ne se contente pas d’exposer abstraitement une injustice : elle raconte, met en scène, émeut et donne un visage à ce qui pourrait rester invisible.

Elle agit ensuite sur celui qui écoute. Shéhérazade cherche à transformer le sultan au fil des nuits. La parole artistique contemporaine s’adresse à un public plus large : elle rend une violence visible et invite la société à ne plus la considérer comme normale ou inévitable.

Ce prolongement permet donc de montrer que la parole peut devenir une forme d’action, y compris lorsque l’on ne possède pas les moyens d’exercer directement le pouvoir.

Une transition vers le projet « Destins romanesques »

L’introduction de Culottées remplit également une autre fonction dans ma progression annuelle : elle prépare le troisième projet d’apprentissage, « Destins romanesques ».

Jusqu’ici, les élèves se seront surtout demandé ce que peuvent l’imagination et la parole face à la violence. À travers Shéhérazade puis Sonita Alizadeh, une nouvelle question commence à apparaître :

Peut-on être héroïque sans combattre physiquement ?

Nous entrons alors progressivement dans une définition plus large de l’héroïsme.

Shéhérazade est courageuse parce qu’elle choisit de s’exposer au danger pour sauver d’autres femmes. Elle résiste avec les moyens dont elle dispose. Sonita Alizadeh transforme sa parole en acte de refus et en moyen d’alerter les autres.

Ces figures permettent de préparer les élèves à comprendre que l’héroïsme ne se réduit pas aux exploits extraordinaires du héros antique ou du chevalier médiéval. Il peut aussi résider dans la force morale, la fidélité à une valeur, la capacité à prendre la parole ou à résister à une injustice.

Cette transition conduira naturellement au projet suivant, dans lequel nous croiserons notamment les destins d’Edmond Dantès et d’Esméralda.

L’enchaînement entre les deux périodes devient ainsi cohérent :

  • dans « Plaire et instruire », la parole permet de résister à la violence ;
  • dans « Destins romanesques », les personnages affrontent l’injustice et tentent de reprendre en main leur destin.

Terminer par un bilan de langue réellement intégré au projet

Je souhaite également que la fin de la période permette aux élèves de réinvestir les notions de langue étudiées.

Plutôt qu’un bilan composé d’une succession d’exercices sans lien entre eux, je proposerai un parcours ludique proposé par Le Livre scolaire (cahier d'exercices que je fais acheter à mes élèves en début d'année) intitulé :

À la recherche du joyau des Mille et Une Nuits

Le principe repose sur une petite fiction : Shéhérazade a été condamnée à l’enfermement éternel et les élèves doivent retrouver un joyau caché pour la libérer. Pour l’atteindre, ils franchissent plusieurs « voiles », correspondant chacune à une épreuve grammaticale.

Le décor du jeu permet de rester dans l’univers étudié pendant toute la période : palais, tapis, lampes, génies, grotte et quarante voleurs accompagnent les différentes étapes.

Cinq épreuves pour réinvestir la langue

La première étape se déroule dans le palais du groupe nominal et du groupe adjectival. Par groupes, les élèves doivent classer différentes expansions du nom dans les coffres appropriés : adjectifs, groupes prépositionnels et propositions subordonnées relatives.

Dans la deuxième épreuve, le tapis des groupes adjectivaux, les élèves travaillent en binômes afin de retrouver les groupes adjectivaux présents dans plusieurs phrases.

La troisième étape les conduit dans l’alcôve des pronoms. Des mots ont été mélangés et les élèves doivent reconstituer les différentes catégories : pronoms relatifs, démonstratifs et indéfinis, en éliminant les intrus.

Ils entrent ensuite dans la grotte du joyau des Mille et Une Nuits, gardée par les quarante voleurs. Des charades permettent de réviser les conjonctions de coordination et de subordination.

Enfin, la dernière épreuve se déroule dans le repaire des prépositions et des adverbes. Après avoir identifié ces classes grammaticales dans un extrait d’« Ali Baba », les élèves doivent imaginer la suite du conte en employant à leur tour des adverbes.

Cette dernière activité est importante : elle évite que le bilan s’achève sur une simple reconnaissance mécanique des notions. Les élèves réinvestissent les outils grammaticaux dans une production écrite, au service d’un récit.

Jouer, mais sans perdre l’objectif d’apprentissage

Le caractère ludique du bilan n’a pas pour fonction de masquer le travail.

Chaque étape correspond à une notion précise étudiée pendant la période. Le jeu apporte un cadre narratif, une progression visible et une dimension collective, mais les élèves doivent réellement observer, classer, justifier et écrire.

Il me permet également de varier les modalités :

  • certaines épreuves sont réalisées en groupes ;
  • d’autres en binômes ;
  • les élèves alternent classement, manipulation, résolution d’énigmes et écriture ;
  • la progression dans la quête rend leurs réussites immédiatement visibles.

La forme du bilan prolonge finalement le contenu du projet. Tout au long de la période, les élèves auront étudié des personnages qui utilisent leur intelligence et leur imagination pour surmonter un obstacle. À leur tour, ils devront mobiliser leurs connaissances pour franchir les différentes épreuves et libérer Shéhérazade.

Une période construite autour d’un même fil

Le projet « Plaire et instruire » ne se résume donc pas à une étude des principaux contes des Mille et Une Nuits.

Il s’organise autour d’une idée plus large : les histoires peuvent enchanter, mais elles peuvent aussi agir.

Shéhérazade raconte pour survivre et transformer le sultan. Le pêcheur utilise la ruse et les mots pour échapper au génie. Le prolongement avec Culottées montre que la parole artistique peut encore, dans le monde contemporain, rendre une injustice visible et faire évoluer les consciences.

Le bilan ludique permet enfin de refermer la période en plaçant les élèves au cœur d’une dernière aventure narrative, tout en consolidant les notions de langue.

Ainsi, le projet suivant est déjà en germe : après avoir étudié le pouvoir de la parole, nous pourrons nous demander comment certains personnages deviennent des héros et des héroïnes précisément parce qu’ils refusent de se soumettre à la violence ou à l’injustice.

 
 

 

De l’exploit à la force morale : comment préparer le projet « Destins romanesques » ?

Sept séances pour faire comprendre aux élèves comment la littérature a progressivement déplacé son regard sur le héros, d’Hercule à Edmond Dantès — et pour interroger la place particulière de l’héroïne dans le roman du XIXe siècle.

Lorsque j’ai présenté le visuel de mon troisième projet d’apprentissage, « Destins romanesques », une question est revenue à plusieurs reprises : comment organiser concrètement l’enseignement afin que les élèves comprennent l’évolution de la figure du héros avant d’aborder Le Comte de Monte-Cristo et Notre-Dame de Paris ?

Mon intention n’est pas de commencer directement par Edmond Dantès et Esméralda. Je souhaite d’abord construire un parcours qui permette aux élèves de mesurer progressivement les transformations de l’héroïsme dans la littérature.

Car le héros romanesque du XIXe siècle ne naît pas de rien. Il conserve certains traits du héros antique et du chevalier médiéval, mais il s’en éloigne également. L’exploit physique et la gloire cèdent peu à peu une place plus importante à la force morale, à la persévérance, à la compassion, à la capacité de résister à l’injustice ou de se reconstruire après une épreuve.

Le projet « Destins romanesques » constitue donc moins un point de départ que l’aboutissement d’un premier cheminement.

Séance 1 : réactiver la figure du héros antique

La première séance prendra la forme d’un rappel.

Je reprendrai la problématique étudiée dans le cours consacré au héros de l’Antiquité :

Qu’est-ce qu’agir en héros et qu’attend-on d’un héros antique ?

Les élèves retrouveront les grandes caractéristiques déjà observées : le héros antique est souvent un être hors norme, proche des dieux, capable d’exploits extraordinaires. Achille, par exemple, reçoit des armes forgées par Héphaïstos et manifeste sa colère avec une intensité presque surnaturelle.

Mais ce rappel permettra également de nuancer immédiatement cette première représentation. Le héros antique n’est pas toujours exemplaire : Achille peut se montrer cruel, tandis qu’Ulysse exprime son désespoir et sa vulnérabilité. L’héroïsme antique peut enfin résider dans la fidélité à des valeurs supérieures, comme le montre Antigone lorsqu’elle choisit de désobéir à Créon pour accomplir son devoir envers son frère.

Cette première séance doit donc faire émerger une idée essentielle : le héros ne se définit pas uniquement par sa force. Dès l’Antiquité, il peut être imparfait, traversé par ses émotions ou placé devant un choix moral.

À partir de ce rappel, nous établirons collectivement un premier « portrait du héros » : ses qualités, ses faiblesses, les épreuves qu’il traverse et les valeurs qu’il défend.

Séances 2 à 5 : comprendre la construction du héros médiéval

Les quatre séances suivantes seront consacrées au héros du Moyen Âge.

L’objectif ne sera pas d’étudier plusieurs œuvres sans lien entre elles, mais de montrer comment se construit progressivement une figure destinée à susciter l’admiration et à devenir un modèle.

Séance 2 : Roland et l’exploit épique

Avec La Chanson de Roland, les élèves retrouveront un héros guerrier.

Roland ne se protège pas du danger. Il accomplit un exploit spectaculaire, amplifié par le récit épique : la violence du combat, la puissance du coup porté et l’accumulation des détails transforment le chevalier en personnage extraordinaire.

Le héros médiéval reste donc proche du héros antique par sa force et par le caractère exceptionnel de ses actions. Mais il appartient désormais à un univers chevaleresque fondé sur la fidélité, l’honneur et le service.

Séance 3 : Yvain, du courage à la noblesse morale

L’étude d’Yvain ou le Chevalier au lion permettra ensuite d’élargir la définition.

Yvain ne combat pas seulement pour démontrer sa puissance. Il choisit de venir en aide au lion menacé par une créature merveilleuse. Son courage s’accompagne ainsi de compassion et d’altruisme.

Le héros n’est plus uniquement celui qui triomphe : il est celui qui met sa force au service d’un autre être.

Séance 4 : Perceval et le héros comme modèle

Avec Perceval ou le Conte du Graal, le regard se déplace encore.

Perceval contemple les chevaliers avant de devenir lui-même l’un d’entre eux. Leur éclat, leur équipement et leur grandeur éveillent son admiration et font naître une vocation.

Le héros médiéval est donc également une figure exemplaire : il donne envie de lui ressembler. Ses aventures construisent sa réputation et nourrissent les récits que la société transmettra à son sujet.

C'est peut-être ici que j'introduirai, si mon timing le permet, la figure du héros courtois avec Lancelot ou Tristan. 

Séance 5 : mettre en relation héros antique et héros médiéval

Cette dernière séance permettra d’éviter que les élèves ne perçoivent les textes comme une simple succession.

Nous comparerons les deux modèles :

  • le héros antique appartient souvent à un univers mythologique et entretient un lien particulier avec les dieux ;
  • le héros médiéval évolue dans l’univers de la chevalerie ;
  • tous deux accomplissent des exploits et suscitent l’admiration ;
  • mais le chevalier se définit aussi par un ensemble de règles, de devoirs et de valeurs morales.

Cette synthèse prendra la forme d’une frise ou d’un tableau évolutif que nous compléterons jusqu’au lancement du projet.

Séance 6 : porter un nouveau regard sur le héros

La sixième séance introduira une véritable rupture.

À travers les récits d’enfance et d’adolescence, les élèves découvriront des personnages plus ordinaires, plus proches d’eux et souvent plus vulnérables.

Exemples possibles à exploiter: Cosette ne possède ni arme merveilleuse ni force exceptionnelle. Son héroïsme réside dans sa capacité à survivre à la misère et à la maltraitance. Grégoire, dans 35 kilos d’espoir, est un adolescent en difficulté qui cherche sa voie. Zazie (Queneau), quant à elle, propose un regard insolent et subversif sur le monde des adultes. Je pense aussi à l'itinéraire d'Anne de Green Gables : une héroïne en construction, d'orpheline à héroïne. Pourquoi pas faire une petite synthèse ici sur le personnage de l'orphelin dans la littérature et évoquer l'exemple de Harry Potter ;)

Le héros devient alors un personnage auquel le lecteur peut s’identifier. Ses doutes, ses peurs, ses échecs et ses apprentissages acquièrent autant d’importance que ses actions. Le récit ne célèbre plus seulement celui qui accomplit un exploit : il suit un être qui évolue, se construit et cherche sa place.

Cette séance permettra de faire apparaître trois transformations majeures :

  • le héros peut être un personnage ordinaire ;
  • sa fragilité n’annule pas son héroïsme ;
  • son parcours intérieur compte autant que les événements qu’il traverse.

 

Séance 7 : lancer le projet « Destins romanesques »

Le projet commencera véritablement avec une nouvelle problématique :

Comment les héros et les héroïnes prennent-ils en main leur destin ?

À partir du XIXe siècle, les personnages romanesques deviennent plus profondément humains. Leur héroïsme ne repose plus seulement sur la noblesse de leur naissance ou sur des exploits guerriers, mais sur leur capacité à affronter l’injustice, à résister à l’adversité et à défendre certaines valeurs.

Le regard croisé porté sur Edmond Dantès et Esméralda sera essentiel.

Edmond Dantès : reconquérir un destin confisqué

Edmond Dantès est victime d’un complot et d’une injustice judiciaire. Son emprisonnement transforme profondément le personnage.

Lorsqu'il comprend les raisons de son arrestation, il refuse le désespoir et choisit de s’évader. Son héroïsme réside dans sa détermination, dans sa « soif ardente de vie et de liberté », dans sa capacité à se reconstruire sous une nouvelle identité et de se venger.

Mais ce personnage permet également de complexifier la notion d’héroïsme. Dantès ne cherche pas seulement à retrouver sa liberté : il organise méticuleusement sa vengeance.  Le texte pose pose la question de la justice lorsqu'on décide de la rendre soi-même. 

Les élèves pourront donc se demander si reprendre le contrôle de son destin suffit à faire de lui un héros. Sa force et sa persévérance sont admirables, mais la vengeance qui l’anime rend son parcours plus ambigu que celui du chevalier traditionnel.

Esméralda : une autre manière d’être héroïque

Le parcours d’Esméralda permettra d’intégrer pleinement la question de l’héroïsme féminin.

Comme Dantès, elle est confrontée à l’injustice. Mais elle ne dispose ni des mêmes moyens d’action ni de la même liberté. Femme, étrangère et considérée comme marginale, elle est exposée aux préjugés et à la violence d’une société dominée par les hommes.

Son héroïsme ne se manifeste donc pas de la même manière.

Dans la scène du pilori, elle est la seule à éprouver de la compassion pour Quasimodo. Elle s’avance malgré le regard hostile de la foule et lui donne à boire. Ce geste silencieux ne constitue pas un exploit spectaculaire, mais il révèle une force morale exceptionnelle : Esméralda refuse la cruauté collective et rend symboliquement son humanité à celui que tous traitent comme un monstre.

Le rapprochement entre les deux personnages ne vise donc pas à montrer qu’ils sont héroïques de façon identique.

Au contraire, je souhaite faire comprendre aux élèves que la littérature du XIXe siècle permet de penser plusieurs formes d’héroïsme.

Dantès agit, s’évade, se transforme et tente de reprendre la maîtrise de son existence. Esméralda résiste par sa dignité, sa générosité et sa fidélité à ses valeurs, dans une société qui limite fortement son pouvoir d’action.

L’un affronte l’injustice en construisant une nouvelle identité. L’autre lui oppose une humanité intacte.

Un fil rouge pour relier toutes les séances

Afin que les élèves perçoivent réellement l’évolution de la figure héroïque, les mêmes questions accompagneront chaque texte :

Quelles épreuves le personnage affronte-t-il ?
Quelles qualités manifeste-t-il ?
Pourquoi le lecteur peut-il l’admirer ?
Son héroïsme repose-t-il sur la force, sur l’action, sur les valeurs ou sur une transformation intérieure ?

La trace écrite se construira progressivement, de séance en séance.

Ainsi, au moment de découvrir le projet « Destins romanesques », les élèves ne verront pas seulement l’annonce d’un nouveau chapitre. Ils comprendront le chemin parcouru : du héros antique hors norme au chevalier exemplaire, puis du personnage ordinaire et vulnérable au héros romanesque confronté à l’injustice.

D’Hercule à Edmond Dantès, en passant par Roland, Yvain, Antigone, Cosette et Esméralda, la définition du héros ne cesse finalement de s’élargir. L’héroïsme ne disparaît pas. Il change de visage.

Bel été à tous.tes, 

Julia :)

 

 

 

 
 
 

 

Labyrinthe des expansions du nom

Suite au succès du support auprès de mes deux classes de 3e (et pour faire suite à vos demandes) je partage ici avec vous les versions téléchargeables des trois labyrinthes que j'ai proposés à mes élèves: l'une sur les compléments du nom, l'autre sur les propositions subordonnées relatives et la troisième sur les adjectifs apposés (ou épithètes détachées). J'y ai glissé l'air de rien de petites phrases courtes pour réactiver certains points de culture littéraire (4e-3e). Je profite de ce post pour vous signaler que le modèle CANVA que j'ai utilisé pour créer ce support est un modèle d'une collègue Canva creator (@uneprofaupaysduflexible sur Instagram) auquel vous avez accès gratuitement avec Canva enseignant et que vous pouvez exploiter et décliner sous d'autres formes: je l'ai d'ailleurs déjà utilisé avec mes 6e cette année pour réviser la conjugaison du passé simple. Pour trouver ce modèle, vous pouvez chercher dans la barre de recherche des modèles en tapant "labyrinthe de conjugaison" ou vous abonner à son compte Canva creator (elle a créé d'autres très chouettes modèles que j'utilise souvent). 

Bonne fin d'année à tous et à toutes, 

Julia :)

 

Labyrinthe Expansions Du Nom Cdn Pdf

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Labyrinthe Expansions Du Nom Psr Pdf

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Labyrinthe Exapansions Du Nom Apposition Pdf

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Révisions du bac 2026: Go ! 

AFFICHAGE CLASSE 2026-2027

Suite à vos demandes sur les réseaux sociaux, je poste ici la version pdf  téléchargeable de mon affiche sur la lecture autonome à destination de mes petits collégiens. Je planche sur d'autres modèles, que je vous proposerai très vite ;) Bon courage pour cette dernière ligne droite avant des vacances d'été bien méritées !

Julia

 

Mon Univers Lecture Pdf

PDF – 3,5 MB 415 téléchargements

La dictée: 7 déclinaisons de l'exercice pour varier les plaisirs

Voici un petit récap' des possibilités que nous offre cet exercice, à mon sens essentiel au collège (et même au-delà !) J'ai eu de chouettes retour sur les réseaux sociaux de la part de collègues très inventifs :) N'hésitez pas à me faire part ici de vos suggestions ou commentaires, j'y répondrai avec plaisir. 

Bon week-end, 

Julia

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Adopte un poème ! 

Mes 6e ont été invités cette année à "adopter un poème". La sélection a été opérée autour de trois thèmes adaptés au programme: les animaux (avec une belle sélection de Jacques Roubaud et un focus sur le chat), les saisons et les couleurs. Chaque élève tire au sort un petit papier sur lequel inscrit le titre d'un poème ainsi que son auteur. Les consignes sont distribués et expliquées en classe. Ils avaient les vacances de printemps pour s'organiser et préparer leur travail. En revanche, le passage à l'oral des élèves a pris beaucoup de temps (4h en tout, progressivement avec le reste de la classe en autonomie avec feuille de route pendant que leurs camarades passaient au tableau). J'ai créé à cet effet deux grilles d'évaluations: une pour la lecture à voix haute seule, la seconde pour l'oral en lui même. 

 

Réalisations d'élèves

un vrai plaisir ! :) et un joli affichage pour ma classe !

Illustration proposée pour "Soleils couchants" de Victor Hugo

LECTURE OFFERTE: CULOTTEES DE PENELOPE BAGIEU 

Cette année, à l'occasion de la journée internationale du droit des femmes, je commence la semaine avec deux lectures offertes à mes 3e et j'ai choisi deux portraits de Culottées, oeuvre sous-titrée "Des femmes qui ne font que ce qu'elles veulent". Si vous ne connaissez pas Pénélope Bagieu, foncez, c'est vraiment l'occasion de la découvrir. Autrice et illustratrice, elle a été récompensée par le Eisner Award 2019 du meilleur livre étranger pour la BD Culottées.  

"Culottées" est un recueil de portraits illustrés en 4 volumes de femmes connues et moins connues, synthétiques et pleins d'humour, qui ont marqué de leur empreinte, sous différentes formes, leur époque. De la danseuse résistante à à la guerrière apache en passant par la dissidente politique et l'exploratrice, Pénélope Bagieu, avec intelligence, verve et esprit, fait voler en éclats tous les préjugés sexistes qui "collent" injustement aux femmes depuis toujours. Pour cette lecture offerte, j'ai choisi trois portraits dont je vais scanner et projeter les illustrations au tableau : Joséphine Baker, Nzinga, reine du Ndongo et du Matamba et Lozen, guerrière et chamane. 

Une belle découverte et une véritable friandise livresque, qui m'a donné très envie de connaître le reste de son oeuvre: notamment Cadavre exquis et California dreamin', co-créé avec Joann Sfar. 

Je vous ferai évidemment un retour de l'accueil des 3e: j'ai hâte de découvrir leurs réactions ! 

Bon dimanche à tous.tes et bonne reprise pour la team Zone C :) 

UTILISER DES ALBUMS JEUNESSE EN CLASSE ? 

Pendant longtemps je me le suis refusé. Et puis, parce que je ne veux pas mourir idiote ;), je me suis inscrite à l'atelier de Vanessa de @crochetonsnousdanslesbois sur @Etreprof et j'ai eu une révélation. Oui, on peut poursuivre des objectifs exigeants avec les albums jeunesse au collège de la 6e à la 3e. Oui, on peut travailler la lecture analytique par ce biais, faire des liens avec les oeuvres classiques et en même temps, développer leur fibre artistique et leur sensibilité. La preuve? La magicienne de Myriam Dahman illustré par Clément Lefevre, paru chez Glénat jeunesse. Vanessa a brillamment montré à quel point les types d'exploitation en classe étaient variés et passionnants. J'ai choisi cet exemple pour mettre en lumière un type d'exploration qui me tient particulièrement à coeur: faire des ponts avec les oeuvres classiques (quand j'étais à la fac, après avoir travaillé sur l'intertextualité dans Belle du Seigneur dans mon mémoire de maîtrise, je projetais d'aller plus loin dans ma thèse, ce qui n'a malheureusement pas pu voir le jour, à mon grand regret).

Cet album, magnifiquement illustré, raconte la quête de Saskia, une petite fille qui vit dans un village accroché au flanc du volcan Olga, continuellement plongé dans la brume. Un jour, elle croise un esprit de la forêt mais les villageois l'emprisonnent, espérant le vendre au plus offrant. C'est alors qu'une magicienne se propose de l'acheter et lance sur le village une terrible malédiction, en métamorphosant les malheureux vendeurs en..... cochons...! Vous l'aurez compris, cette magicienne est un avatar de Circé :) Mais ce n'est pas tout ! D'autres références se nichent dans le creux de ce texte écrin, onirique et poétique, qui pourrait tout à fait être proposé en lecture offerte à des 6e à la fin d'une séquence sur le conte ou sur l'Odyssée: 

- référence au Petit Poucet au moment où Saskia, désemparée, entend les esprits de la nature lui souffler à l'oreille "Sème des miettes de pain, et tu trouveras ton chemin"

- référence à Blanche-Neige détournée dans le dénouement au cours duquel Saskia croque une pomme rouge qui, loin de l'empoisonner, l'adoube en l'accueillant dans le monde des sorcières. 

Je ne peux pas tout lister tant les ressources sont riches mais voici quelques idées d'exploitations alternatives:

- La très belle fin, ouverte et circulaire, permet de travailler l'implicite avec les élèves et peut être le point de départ d'un travail d'écriture.

- la structure même de l'album qui permet évidemment de manière fantastique d'introduire de manière simple et efficace les notions de schémas narratif/actantiel avec les 6e en début d'année. 

- les prolongements artistiques : le Voyage de Chihiro, mais aussi un travail d'HDA sur le personnage de Circé (les oeuvres de Waterhouse notamment que j'adore et que je montre très souvent aux élèves, je vous glisse qqs photos ci-dessous).

Bref ! Une MINE d'OR à exploiter sans modération :) 

A vos albums !  (mon compte en banque est d'ailleurs en PLS depuis l'atelier de Vanessa :)))) et je pense que ça ne va pas s'arranger ;)

 

FICHES DE REVISION CREATIVES 

Dans le cadre de mes missions au collège, je suis depuis plusieurs années coordonnatrice "Devoirs faits" et je prends beaucoup de plaisir à suivre mes élèves semaine après semaine, pour les épauler dans leur travail personnel. Nous avons obtenu une subvention cette année et nous avons fait acheter à l'établissement, pour ma matière, un certain nombre de choses (les petites fiches bristol avec anneau pour confectionner des flash cards ont eu un succès fou auprès des 6e ;)). Parmi ce matériel pédagogique, j'aimerais vous présenter une petite pépite, très inspirante, créée avec amour par Alix Fèvre et paru chez Hachette, qui s'intitule "Le français en 100 fiches illustrées". Cet ouvrage juste génial m'a tout de suite donné très très envie de programmer des ateliers "fiches de révision créatives" avec les élèves de DF (tous niveaux confondus même si vous vous en doutez, ce sont tjs les 6e qui s'avèrent le plus enthousiastes). Cette création de fiche de révision personnalisées a un objectif simple: apprendre à synthétiser une règle et à la représenter visuellement (et évidemment à améliorer la mémorisation). Le déroulement pourrait être le suivant: 

- choisir une règle (par exemple l'accord des adjectifs de couleur)

- lire la fiche du livre (scannée et vidéo-projetée)

- demander à l'élève de reformuler la règle avec ses mots

- lui faire trouver des exemples d'application de la règle avec des phrases tirées de son quotidien

- Enfin, la partie la plus fun: l'illustrer en couleurs ! :)

L'échange de fiches entre camarades peut être un vrai moment de partage et très valorisant pour les élèves. 

Bref, je suis FAN. 

Le contenu est très bien pensé, complet et rigoureux, du chapitre de grammaire jusqu'à une super petite section d'initiation au latin :) 

Je vous laisse contempler ci-dessous ce que ça donne :) Un vrai petit bijou ! 

Belle journée à tous.tes

Julia

PODCAST LITTERAIRE

L'entraînement à l'oral en 3e est primordial mais nous avons très peu de temps et beaucoup de pain sur la planche ! L'idée cette année a été de faire d'une pierre plusieurs coups. A l'occasion de la journée internationale des droits des femmes, j'ai proposé avant les vacances à mes 2 3e de préparer un podcast sur une femme célèbre. Des recherches générales ont été faites en amont sous la forme d'un document distribué en classe:  chaque semaine, une famille de femmes célèbres (7 familles: les artistes (sous-familles arts plastiques, littérature, cinéma, musique, les autrices), les femmes engagées, les scientifiques). A l'issue de ces recherches, ils devaient choisir une femme et préparer leur podcast. Je poste les documents PDF afin que vous puissiez les télécharger. Pour la famille des scientifiques, je me suis inspirée du très bel album d'Anne Lanoé, illustré par Alice Dussutour, dont je vous poste un visuel ci-dessous. Les documents "femmes célèbres" ne sont disponibles pour l'instant que pour les familles "littérature" et "arts plastiques". Je vous préviendrai de la mise en ligne pour les autres. 

Bonne soirée à tous.tes :) 

Julia

Famille 1 Arts Plastiques Pdf

PDF – 283,9 KB 183 téléchargements

Famille 2 Litterature Pdf

PDF – 313,6 KB 181 téléchargements

Famille 3 Sciences Pdf

PDF – 287,6 KB 150 téléchargements

Famille 4 Musique Pdf

PDF – 277,6 KB 150 téléchargements

Famille 5 Politique Pdf

PDF – 321,5 KB 155 téléchargements

Famille 6 Philosophie Pdf

PDF – 325,1 KB 148 téléchargements

Cette très chouette publication existe aussi pour les femmes artistes, les femmes de la mythologie et les femmes engagées :) Les illustrations sont splendides. Une jolie collection à acquérir pour la bibliothèque de classe ! (souvent chinée sur recyclivre ou Vinted pour ma part ;))

Podcast Litteraire Journee De La Femmemaj Pdf

PDF – 303,5 KB 264 téléchargements

Podcast Litterairemaj Pdf

PDF – 187,1 KB 278 téléchargements

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Commentaires

Marianne Ortega
il y a 12 jours

Merci beaucoup pour ces ressources qui sont très intéressantes.

INITIATION LATIN 2026-2027

Pendant la semaine dite "citoyenne" dans mon établissement, qui s'est déroulée pour nous juste avant les vacances de la zone C et pendant la semaine de stage des 3e, j'ai proposé une initiation à l'option LCA dans les 4 classes de 6e. A la demande des collègues qui me suivent sur les réseaux, je vous propose ici la version PDF des documents distribués aux élèves en seconde partie de séance.

En ouverture de séance, j'ai projeté les deux faces du dépliant qui sera remis en mains propres à leurs parents lors de la réunion de remise des bulletins du second trimestre (ou glissé dans l'enveloppe), sans trop le commenter parce que je voulais avoir le temps de faire ce que j'avais prévu.

Dans un second temps, je leur ai projeté un QUIS SUM? au tableau pour tester leur connaissance de l'Antiquité et en particulier de la mythologie. En trois mots, ils devaient deviner quel dieu ou quelle déesse se cachait derrière les indices (avec illustration) . Tout le monde a participé et ils en ont même redemandé ! Le caractère ludique de l'activité leur a beaucoup plu :) On peut évidemment décliner ce type d'activités en classe en imaginant d'autres objectifs: les personnages de romans, par exemple, comme Céline de @Labandeabaudelaire l'a proposé dans son coffret de jeux pour la classe classe de français paru chez Belin éducation: "4 jeux pour s'approprier les notions littéraires". Je l'ai fait commander par mon établissement dans le cadre de nos crédits pédagogiques Devoirs faits, et je ne le regrette vraiment pas. Ces jeux sont vraiment chouette (mention spéciale à "Tête de litote" pour réviser les figures de style en s'amusant;) )

Enfin, dans un troisième temps, ils ont travaillé en autonomie sur les activités. Je suis passée dans les rangs pour les aider pendant tout le reste de l'heure.

 

Le retours ont été très positifs et de nombreux élèves sont venus me voir en fin d'heure pour me dire qu'ils allaient s'inscrire l'an prochain :)

Pour ceux qui utilisent Canva, les liens des documents sont déjà sur mon linktr.ee.

Bonne soirée à tous.tes et à très vite !

Julia 

 

Brochure Initiation Latin Pdf

PDF – 3,7 MB 330 téléchargements

Seance Initiation Lca Pdf

PDF – 3,7 MB 312 téléchargements

EN ROUTE POUR L'IMAGINAIRE ! 

Pour ma prochaine séquence sur le roman d'aventures en 6e, "En route pour l'imaginaire !", j'ai choisi d'étudier Alice au pays des merveilles. Mon fil rouge sera l'aventure intérieure et plus particulièrement la quête identitaire. Pour mon plus grand plaisir, certains des élèves de mon groupe en 6e ont déjà lu Alice l'an dernier et j'ai dû repenser une partie de ma séquence. A ma problématique de séquence: Alice, chute ou envol ? j'ai décidé d'associer Peter Pan en le faisant découvrir à ceux et à celles qui connaissaient déjà l'oeuvre de Lewis Carroll. Pour Alice, il s'agira d'une chute et pour Peter Pan, d'un envol, deux avatars d'une quête identitaire qui émerge du merveilleux. En somme, il s'agit de lire les deux romans, non pas seulement comme des romans d'aventures mais aussi et peut-être surtout comme des romans d'apprentissage par la mise à l'épreuve identitaire.
Voici, pour un premier retour de lecture après les vacances, ce que je proposerai à mes petits lecteurs de Peter Pan. Je pense également leur scanner quelques illustrations de Marc Majewski dans l'édition de Peter Pan parue chez Albin Michel, que je trouve vraiment sublime.

Première de couverture de Peter Pan magnifiquement illlustré par Marc Majewski chez Albin Michel

Une très jolie édition, empruntée à la médiathèque, que je souhaite utiliser avec les élèves en scannant les illustrations correspondant aux grands épisodes du roman. 

Explorer l'art et la littérature:ressources

Bienvenue sur mon espace dédié aux ressources pédagogiques ! Ici, je partage avec vous mes trouvailles pédagogiques, mes "trucs" et astuces qui marchent avec les élèves, mes pérégrinations, mes interrogations, mes expériences créatives. Les liens des documents Canva que j'utilise sont tous répertoriés sur mon linktr.ee mais j'essaierai (suite à la demande de plusieurs collègues) de poster ici le plus possible les documents en version PDF, ce que je ne peux pas faire sur mes réseaux sociaux.

Une boîte à outils pédagogique inspirante

Je partage avec vous des fiches de cours détaillées, des analyses littéraires approfondies (certains travaux d'agrégation sont disponibles sur mon linktr.ee), et des documents Canva modifiables. Découvrez également des idées d'activités, des photos qui m'inspirent, des chroniques littéraires  et des articles de blog qui vous feront découvrir des artistes que j' aime et que j'adore :)).

Une empreinte créative et passionnée

Créer de nouveaux documents pour les élèves est devenu au fil du temps une véritable passion (je suis littéralement Addict à Canva ;) ). Je suis particulièrement attentive et enthousiaste à l'idée de donner à mes cours une esthétique soignée en privilégiant le plus possible une approche créative.